Artiste In Cité

Lézarap’art offre chaque année à un.e artiste le temps, l’espace et les moyens de travailler à la Cité des arts de la rue sur une création s’inscrivant dans le contexte urbain, géographique ou historique des quartiers voisins. Le processus de création est fait de temps d’observation, de réflexion, de rencontres avec des habitant.e.s et de tentatives.

Retour sur les artistes accueilli.e.s

Artiste In Cité 2017 / 2018

Née à Casablanca en 1984, Aicha El Beloui intègre en 2003 l’École Nationale d’Architecture de Rabat.

De 2009 à 2012, elle est membre du collectif de la Fabrique Culturelle des Anciens Abattoirs de Casablanca.

Elle est nominée pour le prix Illi de la liberté (liberté de création), sélectionnée pour le programme «Design/explore» initié par le British Council et pour la direction du workshop graphique (section littérature) à la biennale de Marrakech.

Maîtrisant aussi bien les arts graphiques que la photographie, sa formation d’architecte, ses longs séjours à l’étranger, son intérêt pour l’histoire et le patrimoine de la ville ont participé à accroître sa sensibilité pour l’espace public, le/la citoyen(ne) et le rapport qui les unit, qu’elle exprime à travers la photographie et l’illustration.

Artiste In Cité 2015 / 2016

 

Scientifique détournée par l’appel de l’art, France Cadet, née en 1971, n’est pas la première excentrique à développer une certaine fascination pour la robotique.

Elle réalise des opérations de chirurgie électronique sur des robots chiens, les ouvre, les pirate, modifie leur forme et les reprogramme entièrement avec des comportements inhabituels.

Ses installations multimédia, souvent ludiques et grinçantes, nous interrogent sur la relation Homme-animal, sur les technologies et leurs débordements. Son travail s’expose sur la scène artistique nationale et internationale.

Enseignant tout d’abord le volume puis la robotique au sein de l’école Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence depuis plus de dix ans, elle a maintenant rejoint la renommée School of the Art Institute of Chicago.

Dans la continuité de ses expérimentations et hybridations électroniques, France Cadet se propose lors de cette résidence « Artiste In Cité » à Lézarap’art, d’expérimenter les notions d’échelle, de micro/macro, de vivant/artificiel et de comportement de groupe par la réalisation d’une installation interactive sous la forme d’un groupe de créatures artificielles, des insectes, probablement des papillons, qui réagiront à l’image d’un caméra placée à distance ou à l’activité du spectateur.

Ayant effectué une résidence en 2004, et collaboré à plusieurs reprises avec Lézarap’art par de nombreux ateliers robotiques dans des collèges, lycées techniques et associations de quartier, France Cadet a souhaité reconduire cette expérience en 2015, lors de cette résidence croisée cette fois-ci avec Gauthier Le Rouzic, jeune artiste du numérique.

S’intéressant tous deux aux nouvelles technologies de fabrication numérique, notamment à l’impression 3D, ils pourront échanger dans ces domaines et mutualiser leurs recherches et expérimentations.

France Cadet a choisi depuis janvier 2016 de maintenir sa résidence en tant qu’artiste associée de Lézarap’art à part entière.

Artiste In Cité 2013

En résidence à Lézarap’art dans l’atelier de sérigraphie depuis janvier 2013

Germain Prévost alias IPIN, né en 1981, a mené des études en Hygiène Sécurité et Environnement (DUT, La Ciotat, 2001) et Environnement & Qualité de vie (Maîtrise, Marseille 2004). Dans ce cadre, il étudie l’Environnement social de la Cité des arts de la rue, ce qui indirectement le propulse dans le milieu des arts de la rue. Déjà graffeur, (Membre de Lartmada de 2003 à 2005), cette expérience le conduit à s’interroger sur le statut du street-art et du graffiti au sein des arts de la rue.

Connu dans le monde du graffiti sous le pseudo de “ipin2“, il peint activement entre 2003 et 2007 des lampadaires sur les murs de France : Marseille, Paris, Lyon, Toulouse, Reims, Chalon-sur-Saône, Lille, Toulon, Évian, Chamonix, Aix en Provence, Charleville- Mézières, Chaumont, Arles, Nantes… et d’ailleurs: Berlin, Weimar, Namur, Bruxelles, Genève, Figeras, Barcelone, Montréal, Ottawa, New York City…

 

Il anime des ateliers graffiti (Marseille, Chamonix, Gardanne…) et comme graphiste en réalisant affiches, flyers, visuels, plaquettes pour des structures (Lézarap’art, Marseille), des festivals (Les Martégales, Martigues), des spectacles (La Maison accidentée, Marseille), et soirées (Funk is not dead, Marseille).

Dès 2005, il s’oriente vers une carrière de constructeur-décorateur de spectacles vivants, et travaille entre autres pour Lieux Publics (Centre National de création des Arts de la Rue) et son opéra urbain oXc (05,06), Harmonic Fields (10,11), Lézarap’art et le Festival Petit Art Petit, régisseur pour L’autre Compagnie et son spectacle Le mois de Marie, le Collectif KO.com pour les pièces chorégraphiques Huit minutes de pose II et Sans…, Karwan pour la Pose de la première pierre… etc.

C’est auprès de la compagnie villeurbannaise Komplex Kapharnaum (KxKm) qu’il trouve véritablement sa place comme street-artist interprète. Des débuts timides pour la création du spectacle Playrec (2005) puis, depuis 2008, réellement investi sur la création et la tournée du spectacle MEMENTO, programmé aux Invites de Villeurbanne (06/09), au Festival Effets Mer de Cherbourg (07/09), à Chalon dans la Rue (07/09), au Festival d’Aurillac (08/09) et à Aubagne dans le cadre de Small is beautiful (10/09), Vieux-Condé, Tournefeuille et St Gaudens (05/10), Châlons en Champagne (06/10)…

En 2006, il réalise une “BD de rue” avec l’affichiste marseillais POM, l’histoire de “Derrick vs L’allumeur de Lampadaire” qui fera parler d’elle dans les rues du centre-ville marseillais.

2006 sera aussi l’année du projet Orange Note Freestyle like Freejazz” mené en collaboration avec l’artiste graffeur Mash-Up et donnera le jour à 2 expositions : l’Akwaba, Chateauneuf de Gadagne (84) et à la galerie Bi-Nome à Nancy.

Il est l’un des Fondateurs de l’Association Nicole Crême, avec qui depuis 2006, il participe, organise, et mène de multiples événements artistiques autour de la sérigraphie. Braderie de l’Art de Roubaix (59), dans le cadre d’un projet Lézarap’art, résidence et ateliers artistiques avec les Compagnons d’EMMAÜS Cabriès (13).

Résidence au “Lighthouse Ankara” (Ankara, Turkie) afin de travailler avec d’autres jeunes artistes européens sur le thème “Art in Public Space”, il participe à l’exposition qui se tient à travers la capitale en septembre 2007.

En 2008, accueilli en résidence à l’Eingheneim Gallery de Weimarz (Allemagne), il y propose un projet : “Escape Art” /affichage en no man’s land et photographies/ et mène en parallèle une intervention sur les vestiges du mur de Berlin.

Depuis fin 2009, il axe son « travail d’intérieur » sur la thématique “du Goudron et des Plumes. Art-Lab Expérience à Hyères (83) 03/10, exposition à la galerie In My Brain Lyon 04/11, à la galerie Andiamo Marseille 09/10 et sera classée par le journal Ventilo comme une des 10 meilleures expositions marseillaises de l’année.

Il est accueilli à Villeurbanne (69) pour une résidence par l’association En-Cours et y réalise le collage d’un poisson géant de 100m2 sur les ruines de l’usine TASE.

Il est invité par Lézarap’art (en collaboration avec Richard Martel & Fabienne Rouet en sérigraphie), à animer un workshop au côté de Jean Faucheur et Martin Malte à la FAIAR sur la thématique du Signe dans la ville en Juillet 2010.

En 2011, Memento tourne encore qu’il lance un nouveau projet, en collaboration avec Thomas Nomballais (artificier chez Groupe F), de pochoir géant et de canon à peinture monumental : le FATPOCH.

Déjà de nombreuses performances en public : à Marseille pour le festival IVS (05/11) à la Friche la Belle de Mai (cliquez ici pour découvrir la vidéo) et à Villeurbanne pour le lancement du projet SPP (07/11) de l’association En-Cours. dans le parc métal de l’entreprise Descours & Cabauds Marseille (07/12), sur les murs du siège de la société Kaeser (Villeurbanne 10/12), pour le lancement du Festival P.O.C. (Marseille 10/12)

Artistes In cité 2011 / 2012

L'Agence Touriste

Aménagement d’un temps long d’exploration par la pratique de la marche et du dessin sur le territoire des Aygalades. Re-découvrir un quartier considéré à priori comme ultra urbain par le prisme des regards de Virginie Thomas, Yasmine Youcef et Mathias Poisson. Inviter les habitants à dépasser les frontières mentales inhérentes à ces quartiers par la création d’une carte subjective et la valorisation des sentiers piétonniers riches en chlorophylle.

Direction artistique Mathias Poisson et Virginie Thomas

Artistes associés : Yasmine Youcef (artiste chorégraphe), l’association Safi

L’Agence touriste est une agence de promenade expérimentale qui propose d’inventer et de pratiquer un tourisme de travers pour explorer des territoires méconnus (quartiers sans monuments, périphéries de villes, lieux abandonnés, villes lointaines).

Elle organise des dérives (sous forme de performances, ateliers ou de visites guidées) et produit des documents (cartes subjectives, textes, objets sonores ou expositions) invitant d’autres touristes à arpenter ces espaces.  

Cette agence cherche à se rendre visiteur disponible à une lecture sensible du territoire et à faire l’expérience de la traduction de déplacements étranges. L’agence touriste se donne pour chaque lieu à explorer des outils artistiques différents (dessin, chant, récit, danse…) qu’elle partage avec des habitants ou des touristes d’occasion au cours de ses recherches (ateliers, interviews, étapes de travail publiques). 

 

Après une année d’arpentages et de rencontres dans les quartiers de St Antoine, du plan d’Aou et de Verduron (quartiers Nord de Marseille), l’Agence touriste a déplacé lentement ses ateliers mobiles vers le quartier des Aygalades et le massif de l’étoile.

A partir de septembre 2011, l’Agence touriste est venue s’aventurer dans les chemins hasardeux de la vallée du ruisseau des Aygalades, elle a exploré les points de vue et hauteurs de la Viste, et du plateau de la Mûre. Elle s’est attardée à la cité des Aygalades pour découvrir ses richesses à partager comme les jardins ouvriers et familiaux du Castellas, ou rencontrer les habitants des Aygalades dans leur tout jeune jardin partagé en pied d’immeuble.

 

Dans le cadre de la résidence Artiste In Cité de Lézarap’art. 

Initiative soutenue par le Ministère de la culture et de la communication dans le cadre de l’appel à projet “Pour une dynamique culturelle dans les quartiers”, et la Région Provence Alpes Côte d’Azur.

Avec Lézarap’art, l’association Safi,  L’Olivier Bleu – centre culturel, social et sportif des Aygalades, le jardin partagé en pied d’immeuble des locataires des Aygalades “Ça coule de source”, les Jardins Ouvriers et Familiaux du Castellas et l’Association des Amis des Aygalades (AAA).

L’Agence Touriste est une production de la compagnie -able, en coproduction avec la Gare Franche-Cosmos Kolej, Lézarap’art, le Merlan scène nationale à Marseille et Marseille – Provence 2013 Capitale européenne de la culture.

Artiste In Cité 2010 / 2011

Résidences franco-marocaines

La première phase du projet a commencé par la résidence de Abdelhaq El Youssi à Marseille en septembre 2010 et se poursuivra par la résidence de Christophe Blancard (artiste associé de Lézarap’art) au Maroc en 2011, qui donnera naissance à un dromadaire, sculpture monumentale et mobile.

Projet soutenu par l’Institut Français

Le Collectif Éclats de Lune a sollicité Lézarap’art pour un partenariat basé sur l’échange et le partage des savoirs en l’invitant à venir découvrir la 4ème édition du festival Awaln’art (événement dédié au spectacle de rue et de cirque à Marrakech et dans les 4 villages de Tahanaoute, Aït Ourir, Tamesloth, et Aghmat – juin 2010).

Dès septembre 2010, Lézarap’art a accueilli en résidence de création Abdelhaq El Youssi, donnant la possibilité à l’artiste marocain de partager son regard et ses techniques avec Christophe Blancard, artiste constructeur associé de Lézarap’art.

Cette résidence a eu pour objet la création plastique d’une œuvre et l’échange de savoirs et des connaissances techniques de la mécanique, du travail du métal et de l’électronique avec l’artiste Christophe Blancard de l’école d’art d’Aix-en-Provence.

Dans le cadre de cette résidence, l’artiste marocain a également présenté sa nouvelle création issue de la résidence à l’occasion de la 12ème édition du Festival Petit Art Petit. 

 

Abdelhaq El Youssi est né en 1977 dans le village de Chefchaouen perché dans les montagnes du rif marocain. Il a ensuite poursuivi sa scolarité mais surtout son apprentissage et l’initiation à l’art et à la matière à Rabat Salé. Il a depuis traversé plusieurs pays africains où il a pu puiser et enrichir son inspiration. Il y a rencontré des artistes peintres renommés tels que Amara Syla et Mamadou Djene, il y a réalisé des ateliers pour adultes et enfants. Revenu au Maroc en 2005, il crée son atelier « LE SAVO’ART FER » et partage avec les passants et les habitants de la vallée de l’Ourika ses couleurs, sa lumière, son rire et un profond respect des êtres et des choses qui l’entourent.

 

Principales expositions :

2001  Exposition collective à Warung Gliss Camp – Sénégal.

2002  « Le vent siffle un air que tout le monde connaît bien » – Galerie « le santoro » à Bamako – Mali.

2003  Ran Hôtel de Bobo Dioulasso – Burkina Faso.

2004 et 2005 au Sénégal

– Galerie de l’artisanerie à Dakar.

– Hall de l’embarcadère de Gorée dans le cadre de la biennale Dak’art – Dakar.

– « Regards sur cours » portes ouvertes sur les ateliers d’artistes, les cours et les jardins de Gorée.

– Hall du casino du cap vert – Dakar.

– Exposition permanente à l’atelier « Espace N’Gor ».

– Le « Joko 4 », festival de peinture, musique et photographie – île de N’Gor.

– Exposition thématique : la musique au «Just for u» – Dakar.

2005 à 2007 de retour au Maroc …

– Marrakech profil.

– Hall de la Délégation du tourisme – Marrakech.

– Exposition permanente à l’atelier « Le Savo’art Fer » – Ourika.

– Galerie Couleurs Cafés dans le cadre du Festival Awaln’art.

 

Et les ateliers composés pour sensibiliser au monde de l’art, développer le sens de l’esthétisme, rencontrer l’artiste dans son atelier, manipuler et expérimenter des matériaux nouveaux, prendre conscience des possibles et des contraintes.

2003 Centre culturel Djeliya à Bobo Dioulasso – Burkina Faso.

2004 à « l’Espace N’Gor » – Sénégal.

2005 à l’atelier « Le Savo’art Fer » – Maroc.

2006 à l’Institut Français de Marrakech.

2008 à la British home dans le cadre de la biennale de Marrakech

2009 exposition au Sofitel à Marrakech

Exposition permanente à la galerie Design and Cook à Marrakech. Participation au premier musée dans la rue à Marrakech

Scénographies sur les places dans le cadre du festival AWALN’ART

Participation au 6ème symposium de sculpture à Murat-sur-Vèbre sur le thème de “l’inutilité publique” – France

2010 expositions collectives au Sofitel à Marrakech

Expositions collectives au théâtre royal à Marrakech.

Participation au 4ème festival jardin’art à Marrakech.

Réalisation de sculpture monumentale à Casablanca dans le cadre du festival chez nous al Mâarif

Exposition collective et performance – Villa des arts de Casablanca – Festival L’boulvard

 

Le collectif Éclats de Lune est né en 2005 de la rencontre entre des artistes et opérateur culturels français et marocains désireux d’associer leur énergie pour diffuser l’art où on ne l’attend plus, pour irriguer la création contemporaine marocaine et africaine d’outils et de moyens économiques, la nourrir par une rencontre nouvelle avec les publics, l’enrichir par des rencontres entre les arts traditionnels et le patrimoine immatériel. Éclats de Lune produit des spectacles, organise des formations, accompagne des projets culturels ruraux. En 2007 est né le projet qui réunit l’ensemble de sa démarche : les Rencontres Artistiques Internationales en place publique AWALN’ART.

Artiste in cité 2009 / 2010

Pascale Mijares

Pascale Mijares a mené sa résidence sur un temps long (12 mois).

Sa démarche envisage les populations et le territoire comme partie prenante de l’œuvre, soit comme sujet même de création, soit comme participant du processus de création. Les questions d’identités, d’appartenance sous-tendent son travail d’artiste.   

Ce projet s’est voulu le plus libre possible, en co-construction avec le territoire et ses habitant.e.s. Expérimentation et cheminement artistique en milieu ouvert, dans le quartier des Aygalades, pour de subites intrusions artistiques et détournements furtifs du quotidien, pour faire vivre l’art au plus près des gens.

Mise en lien avec les différentes structures associatives et habitants :

L’association a provoqué de multiples rencontres entre l’artiste et les habitants, présentation de l’artiste, de son projet de résidence et de ses axes de recherche.

 

Les axes de travail de Pascale Mijares sur le territoire des Aygalades :

 

o   Historique du lieu : châteaux, ruisseau, lieu de villégiature

o   Participation des habitant.e.s (des cités, de la résidence privée, des jardins, les jeunes, les adultes et les personnes âgées)

o   Intérêt pour les différentes cultures et origines présentent dans les quartiers périphériques.

o   Questionnements sur le déracinement, l’intégration, la notion d’identité

 

A l’issue de ces rencontres Pascale Mijares a créé un blog : 13000etdesbrouettes.over-blog.com

 

Résidence de création à la Savonnerie du Midi :

Dessouder les préjugés – 2010

Avec la complicité de Gilbert Latour de la Savonnerie du Midi et de son contremaître Hocine, Pascale Mijares a investi durant deux mois la salle des cuves de la savonnerie en activité.

À l’issue de cette résidence, la création in situ de Pascale Mijares Dessouder les préjugés, pièce composée de 400 kg d’authentique Savon de Marseille a été présentée le 8 septembre  à la Savonnerie du Midi (en savoir +)

 

La résidence est financée par le Ministère de la Culture dans le cadre de l’appel à projets pour une Dynamique Culturelle dans les Quartiers et La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Lézarap’art est conventionné par la Direction Générale des Affaires Culturelles de la Ville de Marseille et soutenu par le Conseil Régional Provence Alpes Côte d’Azur, le Conseil Général des Bouches du Rhône et Marseille Provence 2013.

Dans le cadre du CUCS par la Préfecture des BDR et la Ville de Marseille.

Résidence 2008

Animée par les notions d’identités, la représentation du corps et le land art, Catherine Cocherel crée, depuis 1997, des sculptures vivantes in situ. Son travail plastique s’identifie par l’utilisation d’un même matériau : des lianes végétales qu’elle fabrique, transforme, adapte en vue de ses différents projets. Ces créations sont des mises en scènes végétales et corporelles intimement liées aux lieux. Ce sont également des espaces de rencontre avec des danseurs, des modèles, des publics. En résidence à Lézarap’art en août et septembre 2008, elle axe sa création sur des installations végétales destinées à être habitées, portées, manipulées. Les sculptures vivantes ont été présentées au festival Petit Art Petit 2008.

Résidence 2007

Fred Parison / Tezzer

Cette double résidence a donné une exposition commune, “de aile à Thé” du 10 au 25 septembre 2007.

 

Fred Parison – “Petites ailes”

 

Premier fragment : le terrain de jeu

Petites ailes est une porte ouverte sur le monde de l’enfance et une invitation à nous questionner : Quel regard portons-nous sur l’enfant que nous avons été ?

Ce temps de résidence se veut une exploration de la notion de jeu, liant imaginaire, découverte et construction.

Installation de petites machines, sorte de petits jouets bricolés, articulés et mis en mouvements par des moteurs extérieurs au plateau.

Chaque petite machine possède son propre mécanisme de mise en mouvement et d’articulation.

Petites choses « de rien », des jouets de branches, de ficelles, de cailloux, balanciers, contrepoids et leviers, mise en mouvement de deux petites ailes…

“Ces petites machines, ces petits bricolages, je les imagine véritablement fragiles, succincts, dérisoires, comme des sortes de mini événements totalement inutiles. Sur ce terrain de jeux délimité, comme une piste de cirque, vont se mettre en mouvement simultanément une quinzaine de ces micro-phénomènes ludiques.” – Fred Parison

 

Tezzer – “montématilotématou, mon cul !”

 

Le travail plastique de Tezzer tourne autour de plusieurs thèmes majeurs qui vont des réminiscences de l’enfance aux obsessions maniaques de l’acte de « création », en passant par le détournement de sens et la mise en place de paradoxes visuels.

Ses compositions tentent d’entraîner les spectateurs dans des visions plus fantasmatiques et subjectives ; les repères au conte original disparaissent progressivement pour ouvrir l’imaginaire sur des terrains plus licencieux et loin de l’apparente innocence souvent associée à ces textes.

Pour sa résidence à Lézarap’art, Tezzer a exploré en volume l’univers du « thé chez les fous » d’Alice aux pays des merveilles. Expérience ludique partant directement du matériau « sachet de thé » qui, transformé et recyclé, a servi de support aux différentes réalisations.

Christophe Blancard - "Angambie Identitaire"

Un travail de création basé sur le mouvement, la mécanique ou le spectateur participe et prend possession de la “sculpture conversationnelle” qui devient un support de communication favorisant un échange. Une marionnette articulée et animée aux impulsions d’un clavier, nous devenons alors acteur manipulateur et pouvons inventer notre propre chorégraphie.

C’est une aubaine pour tout.e artiste d’avoir l’opportunité d’obtenir une résidence ici . Cette ville pleine de paradoxes, de vie, de mélange, de lumière… cette ville est propice à la création.

Mon travail “Angambie identitaire” est d’ailleurs une caricature sur le “devenir” de la cité Phocéenne.

Cette expérience m’a permis d’expérimenter et de mettre en pratique de nouvelles techniques, de promouvoir mon art,

de rencontrer d’autres artistes et de partager des compétences, de m’épanouir et de prendre du plaisir. – Christophe Blancard

Il est jardinier, il travaille avec le vent – paysagiste, il travaille avec les lieux.

L’observation de végétaux des dunes ou des petits évènements urbains l’ont amené à modéliser des systèmes de prise d’empreintes éoliennes (traces) et des mobiles (effets). Et puis la Cité des arts de la rue, ses acteurs, résidents, ses objets aussi. À les côtoyer pendant un temps de résidence – laisser s’installer un quotidien – il y a forcément des rencontres… Et c’est une des meilleures choses de la vie les rencontres. Il en sort des choses inattendues, des surprises pour tout le monde, du mouvement, des effets … et des traces.

Après.

La rencontre avec un lieu et ses acteurs déclenche toujours de nouvelles pistes, allume des mèches.

Ce fut mon cas ici.

Concernant mon travail, cette aventure est arrivée à un moment important et m’a permis je pense de faire évoluer les questionnements qui le jalonnent :

–        l’équilibre à trouver entre processus et résultat

–        la manière de montrer mon travail dans un lieu

–        le rapport au paysage

Gérard Boyer - Machines Amibées

Trois artistes, trois moteurs d’une résidence. Trois actionneurs de pratiques indépendantes. Trois actionneurs qui forment et déforment cette résidence au gré de leurs imaginaires. En clair, trois entêtés s’artistiquent dans un même lieu, un même temps. Unité de lieu, unité de temps. Unité d’action ? Non. Donc, pas de tragédie, juste une résidence. Une enveloppe malléable et diaphane apprivoise sans contrainte la mosaïque tricéphale d’élucubrations artistiques livrée à elle-même. – Gérard Boyer

 

Durant sa résidence à Lézarap’art, Gérard Boyer a créé trois pièces

“Machine amibée # 2”

Tentative de reptation déclenchée par tensions molles

Moteurs essuie-glaces 12 volts, bielles caoutchouc, tendeurs de courroies de distribution.  

“Machine amibée # 3”

Trois tourne-en-ronds s’accommodant d’une géométrie variable

Moteurs lève-vitres 12 volts, mécanismes lève-vitres.  

“Machine amibée # 4”

Amibique élocution d’une excentrique concentration tentaculaire

Moteurs essuie-glaces 12 volts, démultiplicateur, scions de canne à pêche.  

 

De l’espace, de l’outillage et du temps. Et du temps… La résidence le permet. Elle permet ce temps. Ce temps d’écoute, de réflexion, de proposition, de réalisation. Ce temps de repli, de concentration, d’essais multiples. De ratés aussi. Se planter fait partie de l’enjeu. Libre cours. Elle permet également et surtout le temps de l’échange. Peu de contraintes, mais des envies et des dispositions, de bonnes dispositions. Une résidence agréable, confortable, efficace et apaisante, “ressourçant “. – Gérard Boyer

Mario Goffe – Sensitive

C’est à un travail sur le cerveau humain que Mario Goffe a consacré sa résidence et plus particulièrement sur la partie droite du cerveau : la partie sensible, celle qui gère impressions, réactions, émotions. Les créations de Mario Goffe ont pris le nom et l’apparence d’une fleur : la « sensitive », sorte de plante extraordinaire dont les feuilles se rétractent au contact. Elles sont faites de miroirs (seule matière qui réfléchit) et sont réactives à l’environnement. Elles captent la main placée au-dessus d’elles, s’ouvrent et se ferment en fonction de la distance, ondulent sous la caresse et produisent du son.

 

En commençant deux envies m’occupaient : celle de travailler sur le fonctionnement de la création d’émotion dans le cerveau et celle d’expérimenter des domaines technologiques assez pointus (asservissement de position par microcontrôleur). Mon dessein premier était d’une plastique simpliste et assez anthropomorphique : cela ressemblait à un cerveau avec ses deux lobes séparés par un gazon bucolique (la poésie se logeant entre les deux hémisphères comme chacun sait). Progressivement s’est imposée la matière (aluminium), la forme (un volume qui s’agrandit en se déplaçant), le style de construction (assemblages boulonnés de type aviation). Tout ceci apparaissant comme une évidence. Ce n’est que vers la fin que la forme première que j’envisageais m’est devenue superflue. Finalement il « apparaîtrait » que j’ai réalisé un petit jardin aux grandes fleurs délicates et sensibles. – Mario Goffe

Autre univers, plus féminin, plus charnel : celui de Marie-Lucie Poulain qui, pendant ce mois de résidence, s’est « laissée à travailler les matières qui [lui] ont petit à petit raconté des histoires ».

Recherche entre sculpture et peinture, de la matière la plus noueuse à la plus légère qui ont donné trois histoires auxquelles Marie-Lucie Poulain a souhaité donner les titres suivants « Je t’aime moi non plus », film (et chanson) de Serge Gainsbourg ; « La Cité des femmes » de Federico Fellini ; et « Les chaussons rouges » de Mickaël Powell et Emeric Pressburger, film lui-même inspiré du conte d’Anderson.

“Je t’aime moi non plus” – La douleur – Assemblage de bois (cœur de souche d’arbre et caisse de vigneron), chariot sur roulettes arrimé par des clous et des filins d’acier. Des cordes placées à chaque extrémité symbolisent le tiraillement

“La Cité des femmes” – Le regard – Arbre de ferraille et de bois. Technique de la découpe au plasma. Promontoire très haut d’où une kyrielle de femmes s’adonnent à la surveillance du monde. Évoque la libération des femmes

“Les chaussons rouges” – La danseuse – Structure en ferraille légère et sur roulettes, sur laquelle sont disposées une multitude d’aquarelles de femmes et de rubans vermeil.

À travers ses trois propositions, Marie-Lucie Poulain semble avoir trouvé la matière qui raconte la liberté d’accouplement matière/couleurs, le monde mystérieux du conte de fées ou encore le rire, la chair et la douceur.